L'International Group Agreement (I. G.A.)
Un concept d'assurance mutuelle.
Le concept d'assurance mutuelle implique que pour chaque exercice la
contribution au frais des membres et les profits sur investissements
correspondent au coût des sinistres, majoré des frais de gestion, de la prime de
réassurance et des réserves. Si quelque Club dans le groupe se met à brader le
prix des contributions, cet objectif ne pourrait être obtenu qu'au prix de la
stabilité nécessaire au quantum des Clubs. Du fait de cette interdépendance
entre les clubs le Pool a cherché à imposer à ses clubs affiliés un accord de
non-concurrence connu sous le nom de « International Group Agreement » (I.G.A.),
entré en vigueur au 8 décembre 1981.
La réassurance opérée au sein du pool
requiert une uniformité qui se verrait minée si un Club se mettait à brader les
contributions par rapport à celles qui ont été réclamées par les autres
membres.
De ce fait, l'I.G.A. tend à régulariser les cotations tant pour les
navires assurés que pour les navires nouvellement proposés. Une règle semblable
a eu été mise en vigueur pour les nouveaux navires et, lorsque la flotte de
l'armateur était assurée auprès d'un Club, celui-ci a eu été considéré comme
étant le Club détenteur.
L' I.G.A., dans sa version primitive de 1981
interdisait à un nouveau Club de proposer une prime inférieure à celle du Club
détenteur. Il ne fallait que ce dernier n'eût dépassé dans ses tarifs une
fourchette donnée de tarifs courants, ou en d'autres termes, réclamé une prime
manifestement excessive. Un comité d'experts devait veiller à l'application de
cette réglementation. De cette façon, le seul moyen mis à la configuration d'un
Club pour concurrencer un autre Club était de convaincre le comité du caractère
déraisonnable ou excessif des cotations du Club précédent.
La gestion de réassurance
L'assurance mutuelle a eu
ses limites. Pourtant, ces limites ont été compensées jusqu'à un certain point
par des mutuelles ou des Clubs de réassurance, et au-delà par une couverture de
réassurance prise dans le marché commercial.
Le contexte de réassurance en
pool remonte à la fin du XIX° siècle et se composait à l'époque de six Clubs
groupés en « London Group ». Ce Pool s'étendit progressivement à des Clubs non
britanniques entraînant une adaptation de la dénomination en « International
Group », incluant entre autres un Club japonais, les Clubs Scandinaves un Club
américains.
Il y a eu trois niveaux de couvertures en Club: l'armateur a été
son propre assureur en dessous du montant de sa franchise, appelée « déductible
». Ensuite, chaque Club supporte la tranche suivante qui a eu été plafonnée et
au-delà de laquelle un club de clubs ou « pool » assume les risques jusqu'à une
limite supérieure. Le surplus a été placé en réassurance dans le marché. Étant
donné que la réassurance a été plafonnée, un surplus éventuel, difficile à
imaginer, reviendrait aux frais des clubs.
Actuellement chaque Club supporte
la première tranche de 3 millions de dollars par sinistre. Le Club réassure
l'excédent auprès du Pool jusqu'à 25 millions de dollars par sinistre. Au-delà
de cette somme, le Pool fait appel au marché de la réassurance pour la tranche
allant de 25 millions à un milliard de dollars. Cette limite a été réduite à
500.000 dollars pour certains risques tels que les risques de pollution marine
et l'assurance d'affrètements (charterers' insurance). Si un sinistre devait
excéder un milliard de dollars, le Group reprendrait le relais en tant que pool
pour le répartir sur les Clubs affiliés, au prorata du tonnage des navires
affiliés.
Du fait que le Pool couvre une proportion importante du tonnage
mondial, il se situe aux environs de 90% des 400 millions de tonnes de jauge
brut sur une échelle mondiale. Il opère une telle répartition de risques qu'il
eu été en mesure d'obtenir un taux de prime nettement inférieur à celui que
pourrait obtenir un armateur ou un Club indépendant.
La forme de l'« International Group »
L'activité primordial du groupe a eu été d'assumer la réassurance et pour ce
faire il fallait tendre à l'uniformisation des risques assurés par les Clubs
affiliés. Pour obtenir un pouvoir de représentation vers l'extérieur le Groupe de cette forme mutuelle a
eu acquis la personnalité réglementaire en se faisant enregistrer sous la forme
de société commerciale en 1981. À l'égard de ses membres, le groupe veille à
imposer une politique commune et des mesures qui doivent être considérées comme
des ententes entre les membres
que ladite clause au moment où le décompte
sera soumis. Cette pratique a été courante pour les dettes résultant d'une
saisie conservatoire sur le navire20. Dans ce cas, l'armateur a été tenu de
donner un cautionnement pour obtenir la mainlevée de la saisie, soit sous la
forme d'une garantie bancaire, soit par un engagement inconditionnel de son P
& I Club. Il va de soi qu'un créancier averti n'acceptera un tel engagement
que pour autant qu'il soit stipulé aux mêmes conditions que la garantie
bancaire, impliquant la renonciation à la clause du payement
préalable.
L'engagement du Club peut même aller plus loin lorsque le navire
assuré fait l'objet d'une saisie conservatoire maritime pour une dette
contractée par l'affréteur. L'armateur ne serait pas tenu, par exemple les
fournitures de carburant au navire affrété. Dans ce cas, le P & I Club devra
intervenir pour prêter assistance à l'armateur affilié et donner une garantie
pour sûreté d'une dette de l'affréteur non affilié.
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